Vendredi 10 juillet 2009
Les responsables du site La nuit des écoles nous signalent cette nouvelle loi discutée et votée le 30 juin 2009 à l'Assemblée Nationale :

Dans la proposition de loi renforçant "la lutte contre les violences scolaires de groupes et la protection des personnes chargées d'une mission de service public" , l'article 7 indique:
"pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende "
Le compte rendu des travaux en séance à l'Assemblée Nationale est disponible ici. Extraits:

"Avec ce nouveau texte, « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement » sans autorisation sera puni d’un an de prison et de 7 500 euros d’amende. L’envahir en groupe peut valoir à chacun trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Si l’intrus est seul mais armé, fût-ce d’un bâton, il risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Et si c’est un groupe dont au moins l’un des membres porte une arme, la peine passe à sept ans de prison et 100 000 euros. ...."

"vous profitez de ce texte et des phénomènes d’intrusion violente constatés dans certains établissements pour punir le mouvement social et ceux qui se battent pour l’école et l’avenir de nos enfants !"

"Refuser cet amendement, c’est dire qu’un enseignant qui décide d’occuper son établissement pour faire part de son mécontentement social est passible d’une année de prison. [..]
L’amendement n° 69 n’est pas adopté.)"

M. Jean-Jacques Urvoas. J'en profite pour redire à Mme la garde des sceaux que nous comprenons bien son souci de doter les magistrats d'outils juridiques dont ils seraient aujourd'hui privés. Mais les auditions ont permis d'écouter les magistrats, qui ont ainsi pu nous dire si la proposition de loi correspondait à leur attente - et ce n'est pas le groupe socialiste qui a organisé ces auditions, mais le rapporteur Christian Estrosi !

Je me permets de citer seulement deux phrases. La première émane de l'Union syndicale des magistrats : « Les propositions développées nous paraissent pour leur très grande majorité inutiles, soit en ce qu'elles ne trouveront pas d'application pratique, soit parce qu'elles existent déjà. »

L'autre organisation syndicale invitée, qui était le Syndicat de la magistrature, conclut en disant : « le Syndicat dénonce la philosophie générale d'un texte qui instaure la création d'un délit préventif et permet une insécurité juridique manifeste. »

 

 

Un pas de plus dans la répression de toute forme de contestation !

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Jeudi 9 juillet 2009
Alain Refalo passe en commission disciplinaire aujourd'hui et nous le soutenons.

De grands noms ont pris sa défense. Voici la lettre de Raymond Aubrac, Walter Bassan et Stéphane Hessel, resistants et déportés :

Raymond AUBRAC
Résistant, membre de l'Etat Major de  l'Armée Secrète, ancien Commissaire de la République

Walter BASSAN
Résistant, déportéprésident de 1995 à 2005 du comité départemental du « concours national de la Résistance et la Déportation » pour les scolaires de Haute-

 

Savoie.
Stéphane HESSEL
Déporté, co-rédateur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, ambassadeur de France.
Le 5 juillet 2009

Lettre ouverte à  Monsieur l'Inspecteur d'Académie, Directeur des Services Départementaux de l'Education Nationale de Haute-Garonne


Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

Nous avons appris la convocation pour sanction de Monsieur Alain REFALO devant une commission disciplinaire interne à l'Education Nationale, ce 9 juillet 2009.

Nous avons eu l'occasion de rencontrer Alain REFALO, de discuter avec lui de son action enseignante et de l'écouter expliquer le cadre de son engagement c

 

itoyen. Nous avons particulièrement apprécié sa pondération et  son sérieux.

C'est un enseignant  avec de fortes convictions républicaines,  engagé dans son travail au service de l'ensemble de ses élèves. Notre service national d'éducation a besoin d'hommes solides et construits dans leur vision d'éducateurs. Incontestablement, Alain REFALO est de ceux-là.

Nous souhaitons témoigner qu'il est divers moments dans une vie d'homme où assumer ses convictions et les faire partager à d'autres est une nécessité impérieuse. Alain REFALO exprime qu'il vit un de ces moments là.

Quels que soient les différents de l'administration avec ce fonctionnaire, nous ne comprendrions pas qu'elle ne  reconnaisse pas cette dimension essentielle pour notre pays : pour former des futurs citoyens libres et conscients, il ne faut pas des enseignants muets et incolores mais des éducateurs citoyens. Redonner à notre pays des perspectives au service de tous et d'abord des enfants, s'appuyer sur « des hussards » convaincus et investis dans leur mission d'éducateurs au service des valeurs de paix, redonner toute sa place à l'héritage du programme du Conseil National de la Résistance sont des nécessités dans la situation de crise que connaît notre nation. Notre République ne saurait donner un  signal aussi contraire que de sanctionner un enseignant tel qu'Alain REFALO.

Veuillez agréer, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, l'expression de nos salutations citoyennes.

 

 

 

conférence de presse en soutien à Erwan Redon (avec Alain Refalo et Bastien Cazals entre autres)


 

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Lundi 6 juillet 2009

Je suis très inquiet du silence et du manque d'implication forte de certains syndicats du 13 notamment ceux siégeant en CAPD. Snuipp 13, se unsa13, snudi Fo 13, respectivement 7, 2 et 1 élus. Aucun soutien déclaré.

 

La pression est globale, les coups multiples, les réactions de personnalités reconnues vives. L'intérêt et l'inquiétude portés à la situation, au-delà du monde enseignant, certains.

6000 signatures en 3 semaines sur le site de soutien Erwan et ce n'est clairement pas pour ma pomme uniquement

que les personnes se manifestent mais bien par conscience de la globalité du problème.

 

Il vous fallait une preuve, ma candidature à la boucherie ne vous suffisait pas. Erwan l'individualiste, l'enquiquineur, le « pas net», l'isolé des salles de prof...le ministère vous la donne : A Refalo, commission disciplinaire le 9 juillet, B Cazals interdiction illégale de parler au média ( ?), pour ne parler que des nouvelles fraiches, les autres Ulla (base eleves), legal (suspendu de direction base eleves), Jousset ('32 jours de retrait), Isa/ chritian (désobéisseur pression policière, blame), Diane ( 10 aines de jours de retenu) Hugues( avertissement, 20aine de jours retenu salaire), Mylène (retenu salaire), MC (pression refus inspection) et j'en oublie... que des individualistes, des activistes du non collectif !

 

Alors quoi ?

Que vous ne vous reconnaissiez pas dans la démarche des désobéisseurs ne peut pas vous faire détourner du regard l'aspect collectif de ce qui se construit !

Que vous ne soyez pas porteur et ne contrôliez pas ce mouvement de révolte ne peut pas vous faire oublier qu'il s'agit de la base, d'une bonne partie de vos adhérentEs qui se dressent et s'ébrouent.

N'êtes vous pas en mesure de mettre de coté le temps d'un début juillet 2009 votre logique compétitrice, votre rigueur idéologique, pour entendre les cris, les appels des enseignantEs, des parents qui tentent d'endiguer la pression destructrice de ce gouvernement.

Serait-ce si insupportable de lancer vos machines, pas à moitié, pas par délégation de vos instances dirigeantes,

mais par un appel unitaire fort par voix de presse et une diffusion large à tous vos réseaux d'adhérentEs afin de stopper ensemble le rouleau compresseur.

Juste le temps d'un début juillet 2009, une semaine de pause dans votre course au pouvoir syndical !

 

Pour Bastien, qui passe au tribunal le 6

Pour moi qui passe en commission disciplinaire le 7

Pour Alain qui passe en commission le 9

Pour tous ceux qui y sont déjà passés ou sont inscrits sur la liste

Pour stopper les jugements injustes des tribunaux d'exception qui piétinent les ombres discrètes d'un nombre de plus en plus grand d'enseignantEs qu'on n'entend pas (encore deux la semaine dernière à Marseille...)

 

Si vous pouvez entendre cela, c'est dans la semaine que la réaction doit se faire !

Après nous aurons pris date.

 

D'autres syndicats d'autres départements l'ont fait...

Ne soyez pas timide, lancez vous ! vous verrez, c'est le premier pas qui compte..

Et puis ne vous inquiétez pas. Nous sommes là, nombreux, décidés, pour vous soutenir dans cet acte difficile de l'engagement inconditionnel !

Courage à touTEs !

 

Cependant et c'est déjà beaucoup, vous vous êtes engagés à voter contre le licenciement lors de ma commission disciplinaire.

Je vous en remercie.

 

Merci de votre attention,

Venant d'un pauvre petit enseignant de rien du tout...

 

Syndicaliste néanmoins.

Erwan REDON

 

 

Des enseignants de plusieurs régions de France convergeront demain à Marseille pour soutenir Erwan. Notre collectif sera représenté. Nous vous donnerons des nouvelles.

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Dimanche 5 juillet 2009

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Jeudi 2 juillet 2009
Aucune réponse de l'Inspectrice de circonscription de Villefranche à la lettre d'une famille de Pommiers concernant les instructions qu'elle a données pour la suppression de la sieste des enfants de Moyenne Section (lettre du 25 mai).

Aucune réponse de l'Inspectrice de la circonscription de Villefranche, ni de l'Inspectrice d'Académie aux lettres des familles de Montmelas, de Villefranche (écoles Dumontet et Armand Chouffet) concernant les inquiétudes autour des évaluations de CE1. (lettres de la fin du mois de mai)


Que faut-il en conclure ? Que l'Education Nationale ne permet pas aux familles de s'inquiéter, qu'elle ne souhaite pas s'exprimer en réponse à ces inquiétudes. Pourtant, otez-nous d'un doute, ce n'est pas elle la "Grande Muette" ?
Ou alors est-ce le meilleur moyen pour diriger les familles vers l'école privée où l'on ne saurait laisser une lettre sans réponse ?


Mais chut ! c'est bientôt les vacances ! Ils vont se calmer ces parents !
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Mercredi 1 juillet 2009
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Mardi 30 juin 2009
Nous avons reçu un texte de Jean Gabart, enseignant en secondaire.

Même si nous ne cautionnons pas toutes ses prises de position, en particulier sur son blog, sa réflexion nous a semblée intéressante et nous la livrons à votre analyse.


" Après plus de quarante ans de remise en cause de l'Ecole, il est surprenant de constater, si ce n'est un engouement pour les changements qui sont proposés, du moins, chez un très grand nombre d'enseignants et de parents, la certitude que l'échec scolaire ne peut-être réglé que par de nouvelles réformes !
S'il n'est pas question de contester la nécessité d'améliorer les programmes, les méthodes pédagogiques, la formation des enseignants ... il est néanmoins possible de se poser certaines questions.

1ère question :
Si ce que certains appellent «la faillite de l'Ecole » devait avoir pour cause la formation des enseignants et les méthodes qu'ils appliquent, comment se fait-il qu'après plus de quarante ans d'efforts et de bouleversements indéniables dans ces domaines, il y ait encore « échec scolaire » et à plus forte raison, que celui-ci soit en constante augmentation ?

2ème question :
Si l'échec scolaire dont il est question peut avoir pour origine les difficultés réelles de certains élèves, quelle est l'influence du manque de motivation à apprendre de la grande partie d'entre eux ?

3ème question :
Si l'enseignant sert en général de paratonnerre, quelles sont cependant les véritables causes de ce manque de motivation ?

4ème question :
Les enfants qui arrivent dans une Ecole forcément exigeante, puisqu'elle a pour fonction de les « élever », sont déjà marqués par l'éducation qui leur est donnée dans la famille. Ces enfants qui ne sont plus des adultes en devenir mais l'avenir des adultes n'ont souvent pas réellement appris à intégrer les limites, à assumer les frustrations, à fournir des efforts...
Ils n'ont souvent pas appris, de parents qu'ils aiment, à respecter et à s'adapter aux règles de la société.
Comment ces « enfants-rois » pourraient-ils respecter et s'adapter aux règles du système scolaire (règles de la langue, de l'écriture, de l'orthographe, de la grammaire, du calcul, de la discipline ...) venant de personnes qu'ils ne connaissent pas et qui sont très souvent dénigrées ?
Peuvent-ils accepter l'autorité de l'Ecole alors que celle-ci n'est souvent pas reconnue par des parents qui parfois doutent de sa nécessité et de la façon de l'exercer dans leur propre famille ?

5ème question :
En remettant perpétuellement en cause les méthodes pédagogiques, ne donne-t-on pas des raisons, aux élèves (et aux parents qui attendent des résultats), de croire, que ces méthodes sont inadaptées, qu'ils ont raison de ne pas les suivre, que l'Ecole est inefficace et donc qu'ils ne sont plus responsables de leurs échecs éventuels ? (N'y a-t-il pas confusion entre « l'échec de l'Ecole » et l'échec de certains élèves à l'Ecole ?)

6ème question :
N'y a-t-il pas plus d'effets pervers que de bénéfices à vouloir trop prendre en compte « les symptômes des psychologies juvéniles de plus en plus éclatées » ?
- En plaçant ces « enfants-rois » au centre du système scolaire, ne renforce-t-on pas leur sentiment de toute-puissance ?
- En allant parfois au devant de leurs demandes, leur apprend-on à assumer la frustration ? Ne les pousse-t-on pas, au contraire, à revendiquer toujours plus, à ne jamais être satisfait de ce qu'ils ont, à se donner des excuses de ne pas arriver à travailler ?
- En insistant sur l'autonomie des élèves, ne leur donne-t-on pas l'autorisation de « la prendre » avant de « l'apprendre » ? (Un enfant peut-il « s'auto-nommer » ?)
- En développant les pédagogies différenciées et individualisées, ne favorise-t-on pas l'égocentrisme d'élèves qui ne peuvent écouter que si l'on s'adresse à eux seuls et dans un rapport fusionnel ?
- En étant dans la compassion (quand ce n'est pas dans la séduction) et en cherchant à tout prix à valoriser les élèves, ne renforce-t-on pas des « égo » déjà hypertrophiés, l'irresponsabilité et (encore) le sentiment de toute-puissance ? Ne dévalorise-t-on pas le travail et les résultats et indirectement ceux qui travaillent et ceux qui réussissent ?

Dans notre société adolescente, par crainte de l'autoritarisme, nous avons tendance à accepter la spontanéité et le laisser faire ...
En recherchant la fusion, nous créons la confusion et nous risquons le retour à l'autoritarisme !
Dans l'enseignement, si le changement consiste à s'adapter et à renoncer à l'éducation pour pouvoir plaire aux élèves et encore instruire, n'est-ce pas prendre le risque de n'avoir ni éducation ... ni instruction ?"

Jean GABARD

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